Auto-entrepreneur : le LOW COST made in France
Notre cabinet accompagne des créateurs d’entreprises dans le cadre de ses missions en création d’entreprise. Dans ce cadre, nous réalisions ces derniers jours une veille sur le secteur du dépannage informatique. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que certains auto-entrepreneurs ont décidé de mener des politiques low cost sur le marché du service à la personne.
L’objet du délit : 10 euros le dépannage informatique
Suite à une recherche rapide sur Google et sur certains services d’annonces gratuites sur support papier ou Internet, nous nous sommes aperçus que certaines entreprises françaises proposaient à destination des particuliers des interventions de dépannage informatique à 10 euros.
Chacun, s’il est établi légalement en France, est en effet libre de proposer ses tarifs mais il est anormal que ceux qui ont recours à ces pratiques sont dans la majorité des cas des auto-entrepreneurs qui exercent leurs compétences à destination des particuliers.
Les services LOW COST des auto-entrepreneurs
Comme nous l’indiquions dans un billet précédent, la création d’entreprise a été boostée en cette année 2009 par le statut d’auto-entrepreneur et une majorité des créateurs d’entreprises s’orientent vers ce statut assez simple à mettre en place si l’on veut tester ou tout simplement créer sa société.
Alors que les tarifs pratiqués par ces mêmes auto-entrepreneurs semblent conformes aux pratiques admises dans les professions du conseil en entreprise à destination des professionnels, les prix pratiqués par ceux-ci sur des prestations de services aux particuliers semblent assurément être hallucinants.
Que ces auto-entrepreneurs pratiquent des tarifs inférieurs de 80% par rapport aux entreprises enregistrées sous forme d’EURL ou de SARL prouvent que le premier bilan du statut d’auto-entrepreneur est désormais à voir sous un angle différent.
Pourquoi de tels tarifs sont appliqués aux particuliers
La concurrence accrue du secteur, les déductions d’impôts pour les particuliers, le travail au noir ne peuvent tout expliquer. Le statut d’auto-entrepreneur propose ses propres limites sur les prestations de dépannage informatique, d’entretien d’espaces verts, de peinture… à destination des particuliers.
Le premier choix du particulier pour une prestation à faible valeur ajoutée se fera sur la politique tarifaire pratiquée par le prestataire et de nombreux auto-entrepreneurs ont vite compris que ce statut leur permettait de grosses largesses aussi bien au niveau de la déclaration de leur chiffre d’affaires qu’au niveau de certaines taxes auxquelles ils ne sont assujettis.
Proposer un tarif de 10 euros pour une prestation pouvant durer de 1 à 2 heures ne peut en aucun cas permettre à un auto-entrepreneur de tirer un bénéfice de son activité, sauf si cette activité est non déclarée aux services compétents et/ou qu’elle soit exercée en complément d’une activité salariée.
Jusqu’où iront les auto-entrepreneurs
Les entreprises françaises avaient trouvé le moyen d’obtenir ces taux horaires en délocalisant leurs productions en Europe de l’Est ou en Asie, désormais elles peuvent faire appel à des auto-entrepreneurs qui se feront une joie de travailler à des prix défiants concurrence.
Rassurez vous, les auto-entrepreneurs resteront dans le service aux particuliers car leur gros avantage réside dans le fait qu’une facture ne sera que rarement établie envers le particulier.
Comment protéger les entrepreneurs sérieux ?
La protection des entrepreneurs sérieux passent obligatoirement par le législateur qui doit en effet structurer ce statut dans les années à venir.
Quelques pistes à envisager :
- Rendre l’assurance professionnelle obligatoire,
- Radiation si aucun CA n’est déclaré,
- Augmenter les charges.
- Auto Entrepreneur : Premier bilan contrasté
- Les chiffres de la création d’entreprises en Juin
- Le basculement de milliers d’auto-entreprises
- 10 Clefs pour réussir sa création d’entreprise
- Auto entrepreneur : un statut plébiscité






Sujet hautement polémique. Je n’ai pas personnellement de solutions à proposer mais je ne suis pas partisan de rendre obligatoire une assurance professionnelle.
Une radiation lorsqu’aucun CA n’est déclaré me paraît plus pertinent et logique. Après rien n’empêche de sous-estimer son CA mais ceci n’est pas l’apanage des auto-entrepreneurs.
Bonjour Phil,
Le fait de sous-estimer le CA dégagé par l’activité en tant qu’auto-entrepreneur revient à dire que l’on travaille au noir en étant couvert, le temps de la mission, par le statut.
Dans le cadre d’activités entre particuliers, ça arrive malheureusement trop souvent. Par contre, pour des activités avec les pros, ce n’est pas possible car les prestations seront indiquées dans leur comptabilité.