La grande distribution a inventé le dropshipping
Il y a quelques jours nous apprenions que l’Etat français venait d’assigner en justice neuf acteurs majeurs de la grande distribution pour des pratiques jugées abusives dans leurs relations fournisseurs. Ces pratiques font un peu penser à la méthodologie employée par de nombreux e-commerçants qui vendent avant d’acheter qui se nomment le dropshipping.
La Définition du Dropshipping
Le dropshipping est la méthode consistant à vendre un bien sans l’avoir physiquement en stock dans son magasin ou sa boutique virtuelle.
Par cette méthode, le vendeur propose à la vente un objet que possède en stock un de ses grossistes. Le vendeur se rémunère alors sur la différence entre le prix d’achat et le prix de vente final proposé au consommateur.
Le principal avantage du dropshipping repose sur le fait que le vendeur ne monopolise aucune trésorerie nécessaire à la gestion de son stock.
L’avènement du dropshipping avec le E-commerce
Depuis quelques années, la vente sur internet a connu un formidable essor et de nombreuses entreprises ou d’auto-entrepreneurs ont profité du e-commerce pour lancer leur activité.
Le Dropshipping est alors devenu un modèle économique à part entière pour ces e-commerçants qui se développent à un rythme effréné en France. Tout le monde souhaite avoir sa boutique e-commerce et le recours au dropshipping apparaît comme une évidence pour la plupart des gérants de boutique.
Les conditions d’achat de la grande distribution
Malgré l’entrée en vigueur en 2008 de la loi dite LME (Loi de modernisation de l’économie) censée réguler les relations entre fournisseurs et distributeurs, la DGCCRF a épinglé les 9 principaux distributeurs français sur leurs pratiques en matière contractuelle sur leurs conditions d’achats.
Les clauses litigieuses de ces contrats achats permettaient aux acteurs de la Grande Distribution d’obliger les fournisseurs à racheter les produits invendus au prix d’achat et/ou de payer de lourdes pénalités en cas de retard de livraison.
La raison de ces pratiques jugées litigieuses
Les contrats liant les acteurs de la grande distribution et leurs fournisseurs sont d’une grande complexité. En effet, il n’est pas rare de voir des contrats à rallonge prenant en compte les relations entre les deux parties, mais aussi des parties annexes au contrat concernant des contrats logistiques ou des reprises de stock sur certains types de produits.
Pourquoi ces pratiques sont jugées litigieuses alors qu’elles apparaissent normales pour les acteurs du secteur ?
- Un service rendu par la Grande Distribution
La Grande distribution propose un service aux fournisseurs en mettant sur le marché leurs produits. De ce fait, elle meuble ses têtes de gondoles et ses rayonnages de produits que le consommateur est susceptible d’acheter d’après le fournisseur.
- Une logistique assurée par la Grande Distribution
Selon les enseignes de Grande Distribution, la logistique est plus ou moins intégrée aux process métiers. Sauf exceptions sur certains produits, les enseignes de la Grande distribution assurent tout ou partie de la logistique vers les points de vente.
- Des risques uniquement supportées par les distributeurs
Que ce soit au niveau logistique ou au niveau des magasins, notamment avec la démarque inconnue, la casse…, les distributeurs prennent des risques pour vendre le produit et mettent en place une organisation pour faciliter la vente en magasins avec des publicités adaptées.
- Les magasins comme dépôt-vente géants ?
Dans certains pays et sur certains types de produits dont l’électroménager, les enseignes ont opté pour un système de dépôt vente où les produits sont exposés et vendus par l’enseigne. Le stock appartient alors toujours aux fournisseurs qui en est responsable.
La Grande distribution a-t-elle inventé le concept de dropshipping ?
Les pionniers de la Grande Distribution en France avaient lancé le concept en France dans des entrepôts géants pour permettre aux particuliers d’avoir accès à une large offre de produits à disposition sur un lieu unique.
Les méthodes de consommation et de distribution ayant fortement évoluées depuis 50 ans, certaines méthodes et concepts sont apparus comme la reprise des invendus à certaines conditions par les fournisseurs.
Peut-on alors parler de dropshipping dans la grande distribution ?
Les conditions de paiement des fournisseurs font que les produits sont souvent vendus avant d’être achetés par les enseignes, comme cela est pratiqué dans le dropshipping que l’on connaît sous sa forme actuelle.
Exposition sur stock physique présent ou non en magasin, les méthodes e-commerce tendent à se rapprocher de ce que fait la Grande distribution depuis des années avec un support de communication on-line.
Les méthodes et le concept des dropshippers ont évolués au cours des années mais la grande distribution a certainement inspiré le concept que nous connaissons tous actuellement et l’utilise sous une forme propre à ces méthodes de gestion.
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J’avais eu une expérience en 2004 fondée sur un modèle dropshipping.
Aujourd’hui, je remets la souris dedans, mais la quête du fournisseur qui remplit tous les critères de sélection n’est pas aisée. C’est pourtant le coeur de l’enjeu.
Ca ne m’étonne pas que la Grande Distribution ait embrayé sur ce schéma car il est alléchant à souhait. Tant mieux qu’ils se fassent un peu taper sur les doigts, mais ça ne va finalement pas changer grand chose (pourtant il faudrait)
Bonjour Laurent,
Lorsque l’on voyage, on s’aperçoit rapidement des différentes méthodes employées par la Grande distribution.
Les schémas sont plus ou moins les mêmes selon les pays mais le concept de dépôt vente repose essentiellement sur les méthodes qui ont fait le succès du dropshipping et du e-commerce. Lorsque l’on voit la taille de ses enseignes et leur présence sur Internet, je pense que le e-commerce a encore de très beau jour devant lui.
Jean-Philippe
Salut Jean-Philippe,
Cela permet aussi d’être plus efficace. Si je devais me plonger dans les enjeux de logistique, SAV, etc. il me serait très improbable de réussir dans un quelconque projet de ecommerce.
En focalisant sur ce que je sais faire de mieux tout en m’alliant avec des partenaires performants dans leurs domaines, c’est une meilleure chance de succès qui s’annonce.
Laurent,
A chacun son métier. Nous avons opté au sein du cabinet pour ce que tu mentionnes. Faire ou faire faire, notre choix s’est vite imposé et il est en effet beaucoup plus intéressant d’avoir des partenaires performants dans leur domaine respectif que de vouloir le faire seul pour un résultat jugé peu satisfaisant pour le client.